A l’AP-HP, on court déjà toute l’année après les moyens

Le 24 mai 2018, l’AP-HP organisait une course promotionnelle « les 10kms de l’AP-HP« . Ce fut l’occasion pour nous de distribuer le tract qui suit, qui rappelle que nous passons déjà toute l’année à courir.


 

Alors que l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) organise ses
journées portes ouvertes du 24 au 26 mai, l’heure est venue d’ouvrir les
tiroirs du premier employeur d’Ile-de-France.

  • À l’AP-HP, on emploie toute l’année des jeunes en service civique plutôt que d’embaucher du personnel, on abuse d’étudiants en soins infirmiers et en médecine payés moins de 2€ de l’heure (ni apprentis, ni stagiaires !), on se sert l’été d’étudiants pour travailler comme aides-soignants sous un statut d’agent hospitalier interdisant pourtant de toucher au patient, on fait la promotion des bénévoles (dévoués !) qui s’occupent des patients alors qu’on bouffe du temps aux soignants qui ne peuvent plus en prendre soin eux-mêmes, on paie au rabais des médecins au motif qu’ils sont étrangers mais dans le même temps on permet à nos mandarins de réaliser des consultations privées au sein de l’hôpital public, on n’hésite pas à rappeler le personnel à son domicile quitte à ne pas respecter les durées de repos entre deux jours de travail. 
  • À l’AP-HP, on peut dormir sur un brancard, faute de places, comme aux urgences des hôpitaux Georges Pompidou et Henri Mondor.
  • À l’AP-HP, on se suicide dans un vestiaire de l’hôpital Broca, on se pend dans un bureau de l’hôpital Cochin, on se défenestre à l’hôpital Georges Pompidou, on se donne la mort dans des toilettes à l’Hôtel-Dieu. Et les suicides ne sont que la partie émergée de l’iceberg; les dépressions et les burnouts vont bon train, l’état psychologique des soignants provoque des tensions au sein des équipes et influe sur la prise en charge des patients. Pourtant, on signe en avril 2018 un accord avec le groupe pétrolier Total (super-pollueur colonialiste dont l’argent disparaît dans des paradis fiscaux) pour lui apporter une expertise en matière de santé au travail.
  • À l’AP-HP, on se débarrasse du siège avenue Victoria et de l’Hôtel-Dieu pour récupérer la valeur de l’immobilier. Mais on laisse dormir au chaud nos directeurs dans leurs appartements du très chic hôtel Scipion.·
  • À l’AP-HP, on encourage le développement de la chirurgie ambulatoire quitte à faire dormir le patient à ses frais à l’hôtel et à le réhospitaliser le lendemain, plutôt que d’assurer une surveillance continue.
  • À l’AP-HP, on parle de 200 millions d’€ de déficit en 2017 (sur 7 milliards d’€ de budget), justifiant ainsi 800 suppressions d’emplois en 2018. Dans le même temps, la ministre de la santé annonce que les hôpitaux vont devoir réaliser 960 millions d’€ d’économies en 2018, comme si la ceinture serrée depuis des années et des années n’avait pas eu le temps de se transformer en corset asphyxiant.
  • À l’AP-HP, les économies sentent la merde quand il n’y a plus de drap pour changer un lit et ont le goût amer des plateaux repas que personne ne termine et qui mettent en danger de dénutrition nos papis et nos mamies.
  • À l’AP-HP, on présentait en comité technique d’établissement le projet Adéquation Personnel Capacitaire visant à réduire les effectifs jusqu’à 1 infirmière et 1 aide-soignante pour 16 lits de jour dans les services de médecine dès cette année.
  • À l’AP-HP, les capacités du directeur général Martin Hirsch, instigateur du RSA et ex-directeur d’Emmaüs, à gérer la misère et jouer le bon petit soldat du ministère ne sont plus à prouver.
  • À l’AP-HP, lorsqu’on déménage des services, des lits tombent du camion mais personne ne les revend au marché noir. On réorganise Jean-Verdier en le vidant de ses lits pour n’y faire que de l’ambulatoire, on fusionne Bichat et Beaujon en perdant au passage 496 lits (-38% !), on transfère Raymond-Poincaré, on ferme Joffre-Dupuytren… Nombreux sont les quartiers de banlieue qui sont de véritables déserts médicaux; aujourd’hui la politique de l’APHP signe l’acte de décès des hôpitaux de proximité.
  • À l’AP-HP, on préfère dépenser 30 millions d’€ en caméras de surveillance pour lutter contre les violences aux urgences plutôt que d’engager du personnel soignant supplémentaire pour y réduire l’attente et les tensions. Les attaques envers le service public et les droits fondamentaux n’épargnent personne.

Patients et personnel des hôpitaux, reprenons la tête de course ! Contactez l’Association [des Usager·es et du Personnel de Santé].

le.personnel.hospitalier@gmail.com

Plus d’info sur le site : aupsante.fr
Participez à la cagnotte pour couvrir les frais de justice visant à faire annuler la réforme de l’OTT : www.leetchi.com/c/association-de-association-du-personnel-des-hopitaux-de-paris

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